LA SEMAINE SANGLANTE (1871)
Sauf des mouchards et des gendarmes
On ne voit plus par les chemins
Que des vieillards tristes en larmes Des veuves et des orphelins
Paris suinte la misère Les heureux mêmes sont tremblants
La mode est aux conseils de guerre
Et les pavés sont tout sanglants
refrain : Oui mais Ça branle dans le manche
Les mauvais jours finiront
Et gare, à la revanche
Quand tous les pauvres s'y mettront
On traque, on enchaîne, on fusille
Tous ceux qu'on ramasse au hasard
La mère à côté de sa fille L'enfant dans les bras du vieillard
Les châtiments du drapeau rouge Sont remplacés par la terreur
De tous les chenapans de bouges Valets de rois et d'empereurs
Demain les gens de la police Refleuriront sur le trottoir
Fiers de leurs états de service Et le pistolet en sautoir
Sans pain, sans travail et sans armes Nous allons être gouvernés
Par des mouchards et des gendarmes
Des sabre-peuple et des curés
Le peuple au collier de misère Sera-t-il donc toujours rivé?
Jusques à quand les gens de guerre
Tiendront-ils le haut du pavé?
Jusques à quand la Sainte Clique Nous croira-t-elle un vil bétail?
À quand la fin d’ la République De l’injustice et du travail?